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Le blog de Verneuil sous coucy par kate nana

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Langues régionales en Picardie

Publié le 30 Novembre 2016 par katenana

Langues régionales en Picardie

Langues régionales en Picardie

 

 

Langues régionales

Langues régionales

Le Ch’ti et le Picard, une seule et même langue

Historiquement, le Picard est une langue parlée dans le Nord-Pas de Calais (sauf l’arrondissement de Dunkerque, de langue flamande), la Picardie (à l’exception de la frange sud), et en Belgique, dans la Province du Hainaut. Dans le Nord-Pas de Calais, la langue est souvent appelée « Ch’ti », « patois de Nord » ou « Ch’timi ». Ch’ti ou Picard, il s’agit donc d’une seule et même langue ! S’il existe quelques variations dues notamment à la prononciation, celles-ci sont compréhensibles par les habitants du Nord-Pas de Calais, de Picardie et de Belgique.
D’un point de vue linguistique, le Picard est une langue romane, issue du bas-latin en même temps que le Français et les autres langues dites « d’oïl ». Ainsi, les linguistes n’utilisent que le terme « picard ».
Le mot « ch’ti » ou « ch’timi » a été inventé lors de la Première guerre mondiale par des Poilus qui n’étaient pas de la région afin de désigner leurs camarades nordistes. Ce mot a été créé à partir des mots démonstratifs picards « ch’est’ ti » et « ch’est mi » qui signifient respectivement « c’est toi » et « c’est moi ».

La littérature picarde

Forgé progressivement au cours du XIIe siècle, le picard s’affirme au XIIIe siècle comme langue littéraire, avec le développement de nouveaux centres culturels comme Arras, Valenciennes et Tournai. La « Scripta picarde » connaît son apogée à la fin du XIIIe siècle et au XIVe siècle : dans les textes, se mêlent le picard et le francien (qui donnera naissance au français). Au XVe siècle, le picard recule et au XVIe siècle il est relégué au rang de patois.

Une seconde naissance

Le « moyen picard » se situe entre le picard médiéval et le picard dit « moderne » dont les caractéristiques actuelles ont été établies dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle.
Les œuvres littéraires picardes du XVIIe siècle sont rares et anonymes pour la plupart. Héritières des fabliaux du Moyen-Age, ce sont souvent des satires. Au XVIIIe siècle, ce sont aussi des écrits empreints d’analyses sociales et politiques.

Le picard moderne

Alors que les Jacobins se préoccupent d’asseoir l’unité nationale, les Picards de la Somme, de l’Aisne, de l’Oise, de la Seine inférieure, du Pas-de-Calais, du Nord et de Belgique parlent picard sans vraiment en avoir conscience.
Pierre Ivart estime que c’est entre 1830 et 1870 qu’apparaissent les premiers grands auteurs de la littérature picarde moderne : « Carion, Gosseur et Paillart pour la prose de combat, Dechristé pour la prose de fantaisie, Desrousseaux et Bourgeois pour la chanson… Mais le plus grand nom est assurément celui d’Hector Crinon, auteur des satires picardes (1863).» Edouard Paris, qui publie en préface à son « Sin-Evanjil slon Sin-Matiu » une « note sur l’orthographe picarde », est le premier à s’intéresser à la dialectologie.
A la fin du XIXe, l’école poursuit son travail d’élimination du picard, comme des autres dialectes. Les années précédant la première guerre mondiale voient pourtant la reprise d’une intense activité littéraire. Pierre Ivart remarque notamment, parmi les auteurs, qui sont légion autour de 1900, Edouard David, amiénois à qui l’on doit le renouveau de Lafleur, le poète Louis Seurvat et Jules Mousseron, mineur de fond à Denain qui est l’inventeur de Cafougnette.
La grande guerre et ses destructions marquent un nouveau et considérable recul dans la pratique du picard. L’entre-deux guerres n’est pas une période faste pour la littérature picarde, de même que l’immédiat après-guerre.
En 1963, paraît le « Dictionnaire des Parlers du Vimeu » de Gaston Vasseur et les travaux de dialectologie se développent avec notamment Louis-Fernand Flutre, Fernand Carton, René Debrie, Jacqueline Picoche. De même renaît une littérature picarde de grande qualité.

Un patrimoine culturel commun

Depuis la publication, en 1999, du rapport sur les langues de France proposé par Bernard Cerquiglini, le chti-picard, aux côtés de 22 autres langues comme le breton, le corse ou le normand, est officiellement reconnu comme l’une des langues régionales de la France.
Le Ch’ti picard constitue un patrimoine culturel commun de la Nouvelle Région. Considéré par l’Unesco comme une langue « sérieusement en danger », des initiatives ont émergé sur le territoire afin de préserver ce patrimoine :

  • une Agence pour le picard a été créée à Amiens pour promouvoir le picard, accompagner la diffusion de cette langue, organiser des conférences et des formations, sensibiliser les jeunes dans les écoles ;
  • des communes ajoutent notamment leur nom en picard sur leurs panneaux d’entrée de ville ;
  • des universités comme Lille 3 ou l’Université de Picardie Jules Verne mènent des travaux de recherche sur les langues régionales et dispensent des cours de langue et de littérature.

Parallèlement au monde institutionnel, de nombreux acteurs œuvrent pour promouvoir cette langue, cette culture, mais aussi cette identité régionale :

  • des auteurs comme le Montreuillois Alain Dawson, spécialiste du sujet qui a co-traduit plusieurs ouvrages et bandes dessinées en ch’ti picard : Le Petit Nicolas, des BD d’Astérix et des aventures de Tintin. Mais aussi Jean-Luc Vigneux, Jacques Dulphy…
  • le festival Ch’est in picard, prix de littérature en picard créé par l’Agence pour le picard, des associations avec le festival Ché Wèpes qui se déroule au Crotoy et sillonne la région avec des animations, contes, chansons et jeux picards.
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