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Le blog de Verneuil sous coucy par kate nana

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Saint-Quentin : hôpitaux cherchent praticiens coûte que coûte

Publié le 12 Décembre 2016 par kate nana

Saint-Quentin : hôpitaux cherchent praticiens coûte que coûte

Il n’y a pas encore urgence, mais les deux établissements saint-quentinois sont confrontés à un vrai problème de démographie médicale et peinent à attirer certains spécialistes.


Attirer des jeunes médecins constitue un travail de tous les instants pour les hôpitaux. Photos Gaël HERISSE

Pénurie, secteurs en souffrance, tensions sur certains services ou encore carences médicales. On pourrait multiplier les images pour décrire une seule et même situation. Le centre hospitalier et l’hôpital privé Saint-Claude sont atteints du même mal : attirer de nouveaux spécialistes.

Bien sûr, ils ne font pas exception à une règle qui désormais touche l’ensemble du territoire ou presque, aussi bien en ville qu’en campagne. Et les deux structures n’ont pas les mêmes arguments pour faire les yeux doux pour attirer les jeunes praticiens et les inciter à rester. Mais tant le centre hospitalier que la clinique privée souffrent des mêmes carences, et connaissent les mêmes problématiques avec des médecins qui prennent leur retraite et n’ont pas de successeur, de nombreux départs à la retraite programmés, et l’absence criante de professionnels dans certaines spécialités comme les urgences, la radiologie ou encore l’anesthésie.

« On ne peut pas décréter de faire venir des médecins en claquant des doigts, avoue Kami Mahmoudi, directeur de l’hôpital privé Saint-Claude, qui confirme avoir plusieurs spécialités sur lesquelles il faut conforter notre présence ». Ce dernier est en recherche active depuis son arrivée à la tête de l’établissement au mois d’août dernier. Pour lui, le principal frein à la venue de spécialistes réside dans l’environnement. « C’est sûr qu’à Saint-Quentin, il y a des contraintes », reconnaît le directeur. Et de citer pêle-mêle « le désert médical, un taux de chômage important ou le manque de soleil. J’ai déjà eu des refus de médecins de venir en Picardie à cause du temps ! L’environnement est une faiblesse, mais pas une contrainte absolue. Mais le plus difficile, c’est pouvoir faire déplacer toute la famille quand elle ne connaît pas la région. »

La donne est un peu différente au centre hospitalier, qui bénéficie notamment de l’apport de l’internat, première filière de recrutement de l’établissement public. « 80 internes viennent chez nous chaque semestre, c’est une force qu’une clinique n’a pas, admet François Gauthiez, le directeur. Ils voient comment cela fonctionne chez nous, font connaissance avec le service et voient les possibilités de travail offertes. C’est la meilleure publicité pour recruter. » Mais l’établissement connaît aussi son lot d’inquiétudes, notamment du côté de l’imagerie et des urgences. « C’est une préoccupation permanente le recrutement médical, souligne François Gauthiez. Actuellement, nous sommes à 11 urgentistes, il nous en faudrait 17 ou 18, mais il y a une pénurie de médecins urgentistes liée à la charge de travail existante. »

 

Le recours à l’intérim explose le budget

Pour attirer les candidatures, les établissements n’hésitent donc pas à mettre en avant ce que l’on appelle les éléments périphériques à l’exercice professionnel, comme la présence d’un plateau technique moderne, une équipe qualifiée, ou une aide à la mobilité pour attirer la famille. « On dit souvent que Saint-Quentin n’est pas qu’un hôpital dans un champ de betteraves, il faut se préoccuper de la qualité de vie du médecin. C’est pour cela que l’on travaille beaucoup pour bien accueillir les internes, souligne le docteur Marc Bernard, président de la Commission médicale d’établissement au centre hospitalier.

« On dispose d’un plateau technique dernier cri et une structure qualitative en imagerie, biologie, urgence. C’est ce que l’on veut mettre en avant face à la concurrence », précise Kami Mahmoudi.

Bien sûr, la rémunération reste déterminante dans le recrutement. Mais tant du côté libéral que public, on estime que c’est l’ensemble des conditions de travail qui peuvent faire la différence. «Un spécialiste qui veut pratiquer à Amiens, Reims ou Lille doit payer un droit d’entrée. Ici, ce n’est pas le cas », avance le directeur de l’hôpital privé. Une question qui ne se pose pas dans le public. « Au niveau rémunération, on a les mains liées, c’est statutaire, les progressions de carrière sont gérées par le ministère de la Santé », concède François Gauthiez.

La difficulté de recruter et fidéliser n’est pas sans poser un dernier problème. Il faut bien assurer une continuité du service. Alors quand il n’y a pas de médecins, il faut bien en faire venir pour pallier le manque, d’où un recours de plus en plus important à l’intérim. « Ça a explosé en 2016, reconnaît-on au centre hospitalier. On n’y avait pas beaucoup recours avant. Désormais, on a de l’intérim quasiment tous les jours. »

 

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