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Le blog de Verneuil sous coucy par kate nana

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Articles avec #picardie catégorie

La mairie de Margny-les-Compiègne met à l'honneur ses employés

Publié le 4 Mai 2017 par kate nana dans PICARDIE, tourisme dans l aisne, VIE QUOTIDIENNE, HISTOIRE, LA SOCIETE

 La mairie de Margny-les-Compiègne met à l'honneur ses employés

 

© France 3 les fortes gelées de ces derniers jours font des dégâts dans les vignes de l'Aisne. 50% des vignobles sont touchés à Chézy témoigne Olivier Derekeneire producteur de champagne.  

On sait qu'on a des dégâts, on n'est pas dans une bonne période, nos vignes ont 15 jours d'avance, avec des températures allant de - 5º à -6º les gels touchent des grappes qui commençaient à se constituer. Ce ne sont pas des gelées de printemps, mais plutôt des gelées d'hiver." Souligne Olivier Derekeneire producteur de champagne à Chézy dans l'Aisne.

Le printemps, cette année fait défaut les vignobles et les vergers français sont touchés par des gelées préjudiciables pour les récoltes alors que la végétation avait de deux ou trois semaines d'avance sur la saison.

"Chez nous les bas coteaux ont beaucoup souffert, mais par endroit, hauts et bas coteaux sont touchés par le gel, et ce n'est pas fini, car il y a encore les Saints de glaces à venir" ajoute le viticulteur de Chézy.  "Ce sont les aléas de la météo, on est obligé de subir."  
Pour l'instant, il est encore difficile d'évaluer l'ampleur des dégâts sur la production 2017, mais d'ores et déjà viticulteurs et arboriculteurs sont inquiets des conséquences que ces gels ont sur les bourgeons.

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le meilleur réseau social MASTODON

Publié le 4 Mai 2017 par kate nana dans PICARDIE, VIE QUOTIDIENNE, LA SOCIETE

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Mac Donald's de Soissons et de Villers-Cotterêts sont en grève depuis 11h

Publié le 3 Mai 2017 par kate nana dans PICARDIE, VIE QUOTIDIENNE, LA SOCIETE

 

Des salariés du Mac Donald's de Soissons et de Villers-Cotterêts sont en grève depuis 11h ce mercredi matin. Ils demandent de meilleurs conditions de travail. 

une cinquantaine de personnes de l'enseigne Mac Donald's de Soissons et de Villers-Cotterêts se sont rassemblées ce mercredi. Au centre des désaccords avec leur direction : des revendications salariales. Ils réclament la revalorisation de leur salaire et dénoncent également de mauvaises conditions de travail. La direction a accepté de rencontrer ces salariés cet après-midi. 

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le tout premier drive fermier à ouvrir ses portes en Picardie : à Laon, on pourra dès la semaine prochaine

Publié le 1 Mai 2017 par kate nana dans PICARDIE, VIE QUOTIDIENNE, valeurs, tourisme dans l aisne

 

Ce sera le tout premier drive fermier à ouvrir ses portes en Picardie : à Laon, on pourra dès la semaine prochaine commander ses produits sur internet et les récupérer auprès des producteurs eux-mêmes le 12 mai.

le drive fermier de Laon ouvrira bientôt ses portes, une première en Picardie. À Laon, dans l'Aisne, vous pourrez bientôt commander vos produits locaux sur internet et les récupérer directement auprès des producteurs, parmi les dix-sept qui se sont réunis sous la marque "Bienvenue à la Ferme".

Chaque semaine à partir du 4 mai, les clients pourront commander leurs produits du mercredi à 10 heures jusqu'au mardi à minuit sur le site du drive, puis récupérer leur commande le vendredi suivant au drive de la rue Buffon, à Laon.

Les clients auront du mercredi matin à 10 heures jusqu'au mardi suivant à minuit pour commander leurs produits, qu'ils peuvent ensuite retirer le vendredi qui suit auprès des producteurs.

Presque 300 produits proposés


Passé ce délai, le mardi soir, les clients devront attendre le vendredi suivant, puisque certains produits comme les yaourts sont fabriqués à la commande et nécessitent du temps.

Des asperges aux fraises en passant par le maroilles, le miel ou le bœuf, on compte pour l'instant près de 300 produits, mais "la gamme est amenée à s'élargir" confirme Mireille Chevalier, référente circuit court à la Chambre d'agriculture Hauts-de-France

 

 

De quoi effacer par le circuit-court les barrières entre consommateurs et producteurs. "C'est de la vente directe, tout leur revient à eux" précise Mireille Chevalier, qui ajoute que "le jour où le client vient, il a en face de lui deux à quatre producteurs."

À l'origine, ce sont bien les producteurs qui sont à l'origine de cette initiative

La marque "Bienvenue à la ferme", créée en 1988 par des agriculteurs, compte plusieurs milliers de producteurs et est une marque protégée. Plusieurs points de retrait avaient déjà ouvert dans la région, y compris de la marque à Lomme ou dans le Cambraisis, dans le Nord. Une autre initiative avait vu le jour dans la Somme, hors de ce label et sans aller aussi loin.

Les 17 producteurs sont accompagnés par la Chambre de l'agriculture avec pour objectif, à terme, de les rendre autonomes, amis "à l'origine, ce sont bien les producteurs qui sont à l'origine de cette initiative" insiste Mireille Chevalier.

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ACHAT PUBLIC : PRIORITÉ AUX ENTREPRISES ET AUX EMPLOIS DE LA RÉGION

Publié le 30 Avril 2017 par kate nana dans PICARDIE, VIE QUOTIDIENNE, politique actuelle

ACHAT PUBLIC : PRIORITÉ AUX ENTREPRISES ET AUX EMPLOIS DE LA RÉGION

Faire de la commande publique un acte économique et politique au service de l’économie et des emplois en Hauts-de-France : telle est l’ambition de la nouvelle politique d’achats publics votée le 30 mars en séance plénière.

Tout au long de l’année, la Région Hauts-de-France fait appel à des entreprises, par le biais de marchés publics, pour un montant annuel moyen de 230 millions d’euros, qui vont des chantiers de modernisation de nos lycées en passant par les infrastructures et équipements structurants.

Une nouvelle ambition au service de l’économie et des emplois

L’objectif est que les grands contrats passés par la Région, ou bien encore les grands chantiers financés, soient en priorité profitables à l’emploi local. Cette ambition a déjà été mise en œuvre par la Région Hauts-de-France depuis le début du mandat : adoption d’une motion "agir pour l’emploi local" qui intègre la clause "Molière" dans les marchés publics de la Région et une clause de visite, adoption d’une stratégie de développement de l’approvisionnement local dans les restaurants des lycées publics et dans la restauration collective.

Désormais, la Région donne un coup d’accélérateur en mettant plus et mieux la politique régionale d’achat public au service des emplois et de l’économie locale. Comment ?

1. Adopter une nouvelle culture de l’achat public

Pour informer plus et mieux les entreprises des Hauts-de-France, quelle que soit leur taille, la Région va lancer une campagne de communication autour d’un slogan fort : "sans participer, on ne peut pas gagner". Cette campagne sera relayée dans les antennes régionales, déployées dans l’ensemble des Hauts-de-France.

2. Créer une nouvelle structure de l’achat public

L’ambition régionale de porter ses marchés publics au plus près des entreprises locales se traduira par l’installation au sein des antennes régionales d’un guichet unique et un espace ressources.

3. Innover pour plus d’efficacité

Sur ce volet, la Région veut renforcer et introduire des clauses novatrices et volontaristes en matière d'achat public. En clair : étendre l’application de la clause "Molière" aux marchés de fournitures et de maintenance, instaurer une clause "carbone" relative à la quantité de gaz à effet de serre émise pour produire, acheminer et utiliser des marchandises achetées par la Région et initier une nouvelle approche de l’insertion sociale en faisant une large place à l’apprentissage.

Première innovation, de taille : les délais de paiement des marchés publics seront divisés par deux pour passer en-dessous du délai légal de 30 jours d’ici la fin du mandat, et les avances aux entreprises seront doublées.

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L’histoire et la mémoire de 14-18

Publié le 30 Avril 2017 par kate nana dans PICARDIE, tourisme dans l aisne, HISTOIRE, valeurs

  • L’histoire et la mémoire de 14-18 ont une réalité spatiale peu commune. C’est cet écho contemporain, singulier, que la bibliothèque départementale souhaite mettre en avant en proposant une approche originale, qui puisse apporter un regard sur le territoire en guerre et l’héritage de celle-ci, sous diverses formes.
  • Vendredi 5 Mai, 20h00 - Tergnier / Médiathèque municipale

Rencontre avec Bertrand Badie  : Le monde aujourd’hui, l’héritage de la Grande Guerre
 

  • Jeudi 11 Mai, 19h00 - Chauny / Médiathèque municipale

Spectacle avec la Cie Le Vent en Poupe "Apollinaire 1914-1918 : rock guerre et poésie"
Musique, écriture et scénographie -Jackson Mackay, Bastiaan Sluis, Virginie Zinderstein Schelcher et Dominique Zinderstein
Textes Guillaume Apollinaire et Blaise Cendrars
 

  • Vendredi 12 Mai, 20h30 - Villeneuve-Saint-Germain / Espace culturel

Spectacle avec la Cie Le Vent en Poupe "Apollinaire 1914-1918 : rock guerre et poésie"
Musique, écriture et scénographie -Jackson Mackay, Bastiaan Sluis, Virginie Zinderstein Schelcher et Dominique Zinderstein
Textes Guillaume Apollinaire et Blaise Cendrars
 

  • Samedi 13 Mai, 20h30 - La Capelle / Salle du Dr Hennebelle

Spectacle avec la Cie Le Vent en Poupe "Apollinaire 1914-1918 : rock guerre et poésie"
Musique, écriture et scénographie -Jackson Mackay, Bastiaan Sluis, Virginie Zinderstein Schelcher et Dominique Zinderstein
Textes Guillaume Apollinaire et Blaise Cendrars

 

CONTACT
Programme organisé par la Bibliothèque départementale de l’Aisne et les bibliothèques municipales.
tél. 03 23 75 55 70
http://bibliotheque.aisne.com
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mapicardie .fr le retour

Publié le 29 Avril 2017 par kate nana dans PICARDIE, tourisme dans l aisne, VIE QUOTIDIENNE, QUOTIDIEN

 

 

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Histoire du muguet du 1er mai

Publié le 28 Avril 2017 par kate nana dans PICARDIE, valeurs, poésies

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Résultat de recherche d'images pour "origines de la tradition du muguet 1 mai"

Le muguet : mythes et légendes

Muguet langage fleurs
De nombreuses légendes entourent la naissance du muguet. Dans la mythologie, on raconte que le dieu Apollon aurait créé le muguet afin d’offrir à ses neuf nymphes aux pieds nus un tapis doux et parfumé sur lequel marcher.
 
La légende chrétienne narre l’histoire de Saint Léonard, ermite réfugié en forêt qui dût se battre contre un dragon. Sorti vainqueur de la bataille, on dit que les gouttes de sang qu’il versa au cours de la bataille donnèrent naissance à des pieds de muguet. Cette légende expliquerait en partie la croyance que le muguet porterait chance.
 
Les Celtes attribuaient déjà des vertus porte-bonheur à cette plante : sa floraison signifiait le retour du printemps et de l’abondance de la nature.
Au Moyen Age, mai était le mois des mariages, appelés en ces temps « accordailles ». La tradition voulait que l’on accroche un bouquet de muguet à la porte de la bien-aimée, dont la blancheur des fleurs symbolisait la pureté.
 
A la Renaissance, dans les campagnes françaises, il était de coutume de s’offrir du muguet pour chasser les difficultés de l’hiver. Le 1er mai 1560, de passage dans la Drôme, le roi Charles IX se vit offrir un brin de muguet. Agréablement surpris, il décida de reprendre cette tradition à la cour l’année suivante en offrant aux dames un brin de muguet en guise de porte-bonheur : la coutume acquit ainsi rapidement ses lettres de noblesse. Au XIXe siècle autour de Paris, les cueillettes de muguet donnaient lieu à des fêtes populaires.

L’histoire du muguet


Le 1er mai 1886 à Chicago, les syndicats américains mirent en marche un mouvement revendicatif dans le but de réclamer la journée de huit heures de travail. Malgré plusieurs actions et des dizaines de morts, leur requête ne fut pas entendue.
 
En 1889 à Paris, le Congrès de la IIe Internationale Socialiste entra à son tour dans la lutte pour la réduction du temps de travail. Le 1er mai fut alors désigné comme journée de revendication, en souvenir des événements de Chicago. Le combat ne fut pas vain : le traité de Versailles adopta la journée de huit heures de travail.
En 1941 sous l’Occupation, le maréchal Pétain déclara le 1er mai « Fête du Travail et de la concorde sociale » afin de rallier les ouvriers au gouvernement de Vichy. Le jour devint férié, chômé et payé. L’églantine rouge, jusque-là symbole des contestations du 1er mai et du socialisme, fut alors remplacé par le muguet, en fleur à cette période de l’année.
Cette mesure du 1er mai comme jour férié fut reprise en 1947 après la guerre par le gouvernement issu de la Libération.
 
Aujourd’hui, le muguet est plus que jamais la fleur du 1er mai, autant pour sa portée politique que pour ses vertus porte-bonheur. Et ce jour-là dans la rue, chacun a le droit de vendre des brins de muguet !

Le muguet dans le langage des fleurs

Le muguet est bien entendu la fleur emblématique du 1er mai : offrir du muguet à quelqu’un ce jour-là, c’est lui souhaiter beaucoup de bonheur. Encore mieux : si vous offrez un brin comportant 13 clochettes, vous adresserez au destinataire des vœux de félicité éternelle… Le muguet est une de ces fleurs qui peuvent s’offrir sans aucune connotation amoureuse : n’hésitez pas à en faire cadeau autour de vous !

 

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Exposition : Chemin des Dames 1917-2017

Publié le 27 Avril 2017 par kate nana dans PICARDIE, tourisme dans l aisne, HISTOIRE

Exposition : Chemin des Dames 1917-2017

[Caverne du Dragon-Musée du Chemin des Dames]

Une exposition à ne pas rater ! C'est à la Caverne du Dragon - Musée du Chemin des Dames (Oulches-la-Vallée-Foulon) jusqu'au 30 septembre !

La Caverne du Dragon-Musée du Chemin des Dames propose à ses visiteurs de découvrir sa nouvelle exposition "Chemin des Dames 1917-2017", en accès libre et gratuit, aux horaires d'ouverture du musée.
Cartes, documents d'archives et photographies pour (re)découvrir le Chemin des Dames...

https://www.chemindesdames.fr/fr/ressources/publications/la-lettre-du-chemin-des-dames

 

Affiche de l'exposition : Chemin des Dames 1917-2017
Affiche de l'exposition [Chemin des Dames 1917-2017]

Le paysage s’est métamorphosé au cours du temps, la végétation reprend ses droits, les blessures du sol cicatrisent lentement et la compréhension de la bataille qui s’est déroulée en ces lieux peut être parfois difficile. Aujourd’hui seule l’imagination permet de se représenter ce que fut le Chemin des Dames durant la Première Guerre mondiale.

C’est pourquoi le Conseil départemental a voulu réaliser cette exposition qui dévoile les hauts-lieux de ce territoire où résonne encore l’écho de l’Histoire. Dans le cadre du Centenaire des combats de 1917, les visiteurs pourront ainsi, à l’aide de cartes, de photographies, se représenter ce champ de bataille tristement célèbre, ce qu’il fut hier et ce qu’il est aujourd’hui. Ici commence une invitation à suivre cette ligne bleue tracée sur le Chemin des Dames et découvrir les vestiges, les monuments et les cimetières qui façonnent désormais le paysage.

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COUCY LE CHATEAU AUFFIQUE SES RUINES

Publié le 27 Avril 2017 par kate nana dans PICARDIE, tourisme dans l aisne, COUCY, HISTOIRE

 
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Ruines du château de Coucy à Coucy le chateau auffrique

Dès le commencement du Xe siècle, il existait déjà sur l'emplacement actuel du château de Coucy une forteresse bâtie par un archevêque de Reims. Ce territoire appartenait au siége de Reims depuis saint Rémi, à qui il aurait été donné par Clovis. En 928, le comte de Vermandois, Herbert, s'en empara et y renferma Charles le Simple. Thibaut, comte de Troyes, surnommé le Tricheur, le gagna et le perdit plusieurs fois. L'archevêque de Reims finit par le donner en fief au fils du comte, pour un cens annuel de soixante sous.

De ce premier domaine il ne reste aucun vestige ; peut-être la chapelle qui autrefois existait dans la basse-cour du château (voy. fig. 1, en A) était-elle un débris de ces constructions, antérieures au XIIIe siècle ; la forme de son plan et les débris retrouvés pourraient le faire supposer. Ce qu'on ne saurait contester, c'est que les parties les plus anciennes du château ne remontent pas au delà du commencement du XIIIe siècle.

Ce fut Enguerrand III, le vassal le plus puissant de la couronne de France, qui non-seulement éleva le vaste château de Coucy dont nous voyons encore les restes, mais qui fit bâtir toute l'enceinte de la ville. Enguerrand III eut des démêlés avec l'archevêque de Reims ; il ravagea le territoire de cette église, qui ne rentra en possession de ses terres que par l'intervention de Philippe-Auguste. Enguerrand fit partie de l'expédition contre les Albigeois, avec le célèbre comte Simon de Montfort, et fut un des héros de la bataille de Bovines. Peu après, il eut de nouveaux démêlés avec le chapitre de Laon ; il s'empara de la cathédrale, enleva le doyen, le fit enfermer à Coucy et ravagea les terres de l'église. La querelle dura deux années, pendant lesquelles, malgré les protestations des évêques voisins et l'intervention du pape, le doyen resta en prison. Enguerrand contracta des alliances qui augmentèrent encore sa puissance et ses richesses ; il se maria trois fois, et sa dernière femme, Marie de Montmirail, lui apporta en dot la terre de Condé en Brie.

Enguerrand, par voie de succession, devint seigneur de Montmirail, d'Oisy, de Crèvec'ur et de la Ferté-Ancoul, de la Ferté-Gaucher, vicomte de Meaux et châtelain de Cambrai ; il était déjà seigneur de Saint-Gobain, d'Assis, de Marle, de la Fère et de Folembray[1]. Ses richesses, et surtout la trempe de son caractère, engagèrent le sire de Coucy dans les entreprises tentées contre le pouvoir royal pendant la minorité de saint Louis. Un instant le vassal pensa pouvoir mettre la main sur la couronne de France ; mais ses sourdes menées et ses projets ambitieux furent déjoués par la politique de la reine Blanche, qui sut enlever à la coalition féodale un de ses plus puissants appuis, le comte de Champagne. Le sire de Coucy fut bientôt obligé de prêter serment de fidélité entre les mains du roi, qui ne voulut pas se souvenir des projets de son trop puissant vassal. C'est à l'époque des rêves ambitieux d'Enguerrand III qu'il faut faire remonter la construction du château magnifique dont nous voyons encore les ruines gigantesques. Le château de Coucy dut être élevé très-rapidement, ainsi que l'enceinte de la ville qui l'avoisine, de 1225 à 1230. Le caractère de la sculpture, les profils, ainsi que la construction, ne permettent pas de lui assigner une date plus ancienne ni plus récente.

Le château de Coucy n'est plus une enceinte flanquée, enveloppant des bâtiments disposés au hasard, ainsi que les châteaux des XIe et XIIe siècles ; c'est un édifice vaste, conçu d'ensemble et élevé d'un seul jet, sous une volonté puissante et au moyen de ressources immenses. Son assiette est admirablement choisie, et ses défenses sont disposées avec un art dont la description ne donne qu'une faible idée.

Bâti à l'extrémité d'un plateau de forme très-irrégulière, le château de Coucy domine des escarpements assez rapides, qui s'élèvent de cinquante mètres environ au-dessus d'une riche vallée, terminée au nord-ouest par la ville de Noyon et au nord-nord-est par celle de Chauny ; il couvre une surface de dix mille mètres environ. Entre la ville et le château est une vaste basse-cour fortifiée, dont la surface est triple au moins de celle occupée par le château. Cette basse-cour, ou baille, renfermait des salles assez étendues, dont il reste des amorces visibles encore aujourd'hui, enrichies de colonnes et chapiteaux sculptés, avec voûtes d'arête ; des écuries et la chapelle orientée, tracée en A sur notre plan du rez-de-chaussée (fig. 1). C'est la chapelle romane dont nous venons de parler[2]. On ne communiquait de la ville dans la baille que par une porte donnant sur la ville et défendue contre elle par deux tours en partie conservées[3]. La baille était protégée par le donjon B, qui domine tout son périmètre, et les remparts flanqués par les deux tours extrêmes du château C, D. Un fossé de vingt mètres de largeur sépare le château de la basse-cour. Un seul pont jeté en E sur ce fossé donnait entrée dans le château et était composé de piles isolées, avec deux tabliers à bascule de bois, défendus par deux postes avancés E', E' ou châtelets, et deux corps de garde F, F' posés sur des piles, de manière à laisser libre le fond du fossé. La porte en G est munie de doubles herses et de vantaux. Cette porte s'ouvre sur un long passage voûté qu'il était facile de défendre, et qui devait être muni de mâchicoulis ouverts dans la voûte.

Des deux côtés du couloir sont disposées des salles de garde H voûtées et pouvant contenir des postes nombreux. Au-dessus s'élevait un logis à plusieurs étages, dominant la porte et se reliant à la courtine I. Du couloir d'entrée on débouchait dans la cour K du château, entourée de bâtiments appuyés sur les courtines. En L, se trouvaient des bâtiments de service voûtés à rez-de-chaussée et surmontés de deux étages ; en M, les appartements d'habitation à trois étages, du côté où le château est le moins accessible du dehors, et desservis par le grand escalier M' ; en N, de vastes magasins voûtés à rez-de-chaussée (celliers), avec caves au-dessous fermées en berceau ogival. Les magasins N portaient, au premier étage, la grand salle éclairée sur les dehors. En O, on voit les soubassements de la chapelle, qui, au premier étage, se trouvait de plain-pied avec la grand salle. Les cuisines étaient très probablement placées en P, avec escalier particulier P' communiquant aux caves ; elles possédaient une cour particulière en R, à laquelle on arrivait sous la chapelle, dont le soubassement, formant rez-de-chaussée, reste à jour. Les tours, C, D, S, T, possèdent deux étages de caves et trois étages de salles au-dessus du sol, sans compter l'étage des combles. Elles sont, comme on le remarquera, très-saillantes sur les courtines, de manière à les bien flanquer. Ces tours, qui n'ont pas moins de dix-huit mètres de diamètre hors d'?uvre, sur trente-cinq mètres environ de hauteur au-dessus du sol extérieur, ne sont rien auprès du donjon, qui porte trente et un mètres de diamètre hors d'?uvre sur soixante-trois mètres depuis le fond du fossé dallé jusqu'au couronnement. Outre son fossé, ce donjon possède une enceinte circulaire extérieure, ou chemise, qui le protège contre les dehors du côté de la baille. On montait du sol de la cour au chemin de ronde de la chemise par la rampe V, près de l'entrée du donjon. On communiquait des salles P (cuisines) avec les dehors au moyen d'un escalier descendant au fond du fossé de la chemise et par une poterne percée en X, munie de vantaux, de mâchicoulis et de herses correspondant à une seconde poterne Y avec pont-levis donnant sur l'escarpement et masquée par la tour C. Un chemin de ronde inférieur X', voûté en demi-berceau, percé au niveau du fond du fossé, suit la circonférence de la chemise ; et était évidemment destiné à arrêter les travaux des mineurs, comme nos galeries de contre-mine permanentes, ménagées sous les revêtements des courtines et bastions.

Dans ce souterrain, en X', se trouve une source excellente à fleur de terre, à l'usage de la cuisine. En W, sont des latrines, prises aux dépens de l'épaisseur du mur de la chemise, pour les gardes de cette enceinte et les gens de cuisine. En Z était une cage avec escalier de bois[4], pouvant être détruit facilement, qui mettait le souterrain inférieur en communication avec le chemin de ronde supérieur. Le petit escalier Q, donnant dans la salle P, desservait la herse et le mâchicoulis de la poterne X. Le souterrain inférieur X' se trouvait encore en communication avec l'escalier U, desservant les ouvrages supérieurs de la porte. Si l'assiégeant s'était emparé de la poterne X (ce qui était difficile, puisqu'il fallait franchir la première porte Y et son pont-levis, traverser le chemin YX sous les projectiles lancés de la partie supérieure de la chemise et du crénelage ouvert sur le mur J, forcer deux vantaux et affronter un mâchicoulis), il se trouvait en face de la herse donnant sur le fond du fossé de la chemise, ayant à sa gauche la porte ferrée qui fermait le bas de l'escalier de la cuisine, et arrêté dans la galerie inférieure X' par la source X', qui est un véritable puits dans un souterrain obscur. S'il forçait la herse, il pénétrait dans le fond du fossé intérieur V', lequel est dallé et sans communication avec le sol de la cour. Battu par les défenses supérieures du donjon, qui lui envoyaient des projectiles d'une hauteur de soixante mètres, et par le chemin de ronde de la courtine, il était perdu, d'autant que les hommes occupant ce chemin de ronde pouvaient descendre par l'escalier Z, passer dans la galerie de contre-mine X', traverser la source sur une planche, et lui couper la retraite en refermant la porte derrière lui. Si, du fond du fossé extérieur, il parvenait à miner le pied de la chemise, il trouvait le souterrain occupé. Ce travail de sape ne pouvait, en aucune façon, affaiblir les murs de la chemise, car on remarquera que ce souterrain est pris aux dépens d'un talus, d'un soubassement incliné, derrière lequel la maçonnerie de la chemise est intacte.

De toutes les défenses du château de Coucy, le donjon est de beaucoup la plus forte et la mieux traitée. Cette belle construction mérite une attention toute particulière. Elle se compose, à l'intérieur, de trois étages voûtés, et d'un large chemin de ronde supérieur, avec comble plat au centre, recouvert autrefois de plomb. Pour entrer dans la salle du rez-de-chaussée, il fallait franchir un pont à bascule (pont torneïs) qui, roulant sur un axe, fermait la porte en se relevant. Les traces de cette disposition primitive sont encore visibles. Le tablier du pont à bascule tombait sur une pile isolée, dont on retrouve les premières assises au milieu du fossé. Le pont abaissé au moyen d'un treuil placé dans un petit entresol au-dessus de la porte, on était arrêté par une herse glissant dans deux rainures, derrière les tableaux de la porte, et par un mâchicoulis. La herse et le mâchicoulis étaient servis de même par les gens postés dans la pièce de l'entresol. À la suite de la herse se trouvait une porte à un vantail, renforcée d'énormes barres rentrant dans l'épaisseur de la muraille. Pour pénétrer dans la salle ou dans l'escalier, il fallait encore forcer des portes munies de barres. Il existait même une grille à l'issue du couloir d'entrée sur la salle, afin de permettre aux gens du dedans de couvrir de projectiles ceux qui se seraient aventurés sous ce passage. La salle du rez-de-chaussée est magnifique ; elle se compose de douze côtés, formant chacun une large niche voûtée en berceau tiers-point.

On observera que ces niches sont doubles en hauteur, formant ainsi deux rangs de vastes armoires l'un au-dessus de l'autre, très-propres à conserver et ranger avec ordre les projectiles et armes dont on avait besoin en temps de siège.

Un de ces renfoncements contient un puits très profond et large ; un autre sert de cheminée. À gauche du couloir d'entrée sont des latrines ; à droite, l'escalier qui monte jusqu'au faîte du donjon. Cette salle était voûtée au moyen de douze demi-arcs en quart de cercle, aboutissant à une clef énorme percée d'un 'il[5], afin de permettre aux hommes postés dans l'étage supérieur de donner ou de recevoir des ordres. Ces arcs sont portés sur des chapiteaux en culs-de-lampe sculptés, avec figures. Deux fenêtres percées à une grande hauteur éclairaient ce rez-de-chaussée, et quoique la salle dût être assez sombre, elle était intérieurement décorée de peintures.

Le premier étage présentait la même disposition en plan, et était voûté de la même manière. La salle contenait, outre la cheminée, un four à cuire le pain ; elle était éclairée par trois fenêtres, et était mise en communication avec la chemise au moyen d'une petite porte et d'un pont volant de bois, dont on voit encore les scellements. À l'époque des reconstructions partielles du château, c'est-à-dire au commencement du XVe siècle, on pratiqua un petit réduit sous une des fenêtres, ayant une entrée détournée dans la salle, et une ouverture au dehors. Des latrines sont disposées à cet étage au-dessus de celles du rez-de-chaussée.

Le second étage, couvert en partie par des voûtes en berceau, en partie par une voûte en arcs ogives à douze pans, présente une disposition fort belle et bien conçue : c'est une grande salle entourée d'un portique, dont le sol est élevé de 3 mètres au-dessus du pavé. Des balcons de bois, dont la trace est partout évidente, permettaient de s'avancer jusqu'à la circonférence intérieure formée par les têtes des piles. C'était là qu'on réunissait toute la garnison, lorsqu'il fallait donner des ordres généraux. Douze ou quinze cents hommes armés pouvaient facilement, grâce à ce portique et à ces balcons, se tenir dans cette immense rotonde et entendre ce qui se disait au centre. Il n'est guère de monuments, soit de l'époque romaine, soit modernes, qui présentent un aspect à la fois plus grandiose et plus puissant.

Nous essayons d'en donner une faible idée dans la figure 2. Qu'on se représente par la pensée un millier d'hommes d'armes réunis dans cette rotonde et son portique disposé comme les loges d'une salle de spectacle ; des jours rares éclairant cette foule ; au centre, le châtelain donnant ses ordres, pendant qu'on s'empresse de monter, au moyen d'un treuil, des armes et des projectiles à travers les 'ils des voûtes. Ou encore, la nuit, quelques lampes accrochées aux parois du portique, la garnison sommeillant ou causant dans ce vaste réservoir d'hommes ; qu'on écoute les bruits du dehors qui arrivent par l''il central de la voûte, l'appel aux armes, les pas précipités des défenseurs sur les hourds de bois, certes on se peindra une scène d'une singulière grandeur. Si loin que puisse aller l'imagination des romanciers ou des historiens chercheurs de la couleur locale, elle leur représentera difficilement ce que la vue de ces monuments si grands et si simples dans leurs dispositions rend intelligible au premier coup d''il. Aussi conseillons-nous à tous ceux qui aiment à vivre quelquefois dans le passé d'aller voir le donjon de Coucy ; car rien ne peint mieux la féodalité dans sa puissance, ses m'urs, sa vie toute guerrière, que cet admirable débris du château d'Enguerrand.

En montant toujours par l'escalier à vis, on arrive au dernier étage, qui est crénelé. Une couverture de plomb protégeait les voûtes et formait une plate-forme en pavillon ; à l'entour, un large chemin de ronde permet de circuler librement et d'arriver aux créneaux. Les écoulements d'eau, bien ménagés dans les reins de chacune des voûtes du portique, ne peuvent laisser douter que cet étage n'ait toujours été laissé à ciel ouvert, ainsi que l'indique la gravure de du Cerceau ; cependant, en temps de guerre, de grands hourds à double étage étaient posés sur les corbeaux de pierre qui existent en contre-bas du crénelage. La figure 4 présente une portion de ces hourds posés. On voit apparaître au sommet du donjon de Coucy la transition des hourds de bois aux mâchicoulis de pierre. En effet, pour un ouvrage aussi puissamment conçu et exécuté, les hourds portés sur des solives en bascule ne devaient pas paraître une défense assez durable. Ce système de hourds portés sur des consoles de pierre est appliqué non-seulement au donjon de Coucy, mais aussi aux tours du château[6]. Les dispositions défensives de Coucy n'attirent pas seules l'attention de l'archéologue ; le donjon présente des fragments de sculptures d'une grande beauté.

Voici par quel procédé le donjon de Coucy dut être élevé. La construction fut conduite en spirale, de la base au sommet, au moyen d'un échafaudage dressé en même temps que les maçonneries s'élevaient ; cet échafaud formait ainsi en dehors du parement extérieur un chemin incliné qui permettait de rouler sans difficulté les plus grosses pierres jusqu'au faîte. Les trous carrés des boulins de ces échafauds et des liens qui empêchaient leur bascule son visibles et régulièrement disposés au pourtour de l'énorme cylindre. Il est impossible d'employer un procédé à la fois plus simple et plus ingénieux pour bâtir rapidement, et sans frais inutiles, une aussi grosse tour. Aujourd'hui les voûtes des trois étages sont crevées, et le glacis supérieur ainsi que les quatre pinacles qui couronnaient la corniche n'existent plus. Ce couronnement nous est indiqué par du Cerceau, dans son livre : Les plus excellents bâtiments de France. On a trouvé quelques morceaux de ce glacis et des pinacles dans le fond du fossé. Toute la maçonnerie était chaînée au moyen de longrines de bois de 0m,20 à 0m,30 d'équarrissage, noyées dans l'épaisseur des murs, suivant la méthode encore en usage au XIIe siècle. Au-dessus des voûtes du premier et du second étage, ce chaînage se reliait à des enrayures également de bois.

Vers 1400, la grand salle et les bâtiments d'habitation M (voyez la figure 1) furent reconstruits, ainsi que les étages supérieurs de la porte, par Louis d'Orléans, qui avait acquis ce domaine de la dernière descendante des Coucy[7] ; des jours plus larges furent percés à l'extérieur, et les courtines reçurent des mâchicoulis avec parapets de pierre, suivant la méthode du temps, au lieu de consoles avec hourds de bois. Les autres parties du château restèrent telles qu'Enguerrand III les avait laissées.

Ce ne fut que pendant les troubles de la Fronde que cette magnifique résidence seigneuriale fut entièrement ravagée. Son gouverneur, nommé Hébert, fut sommé par le cardinal Mazarin de rendre la place entre les mains du maréchal d'Estrées, gouverneur de Laon.

Hébert ayant résisté à cette sommation en prétextant d'ordres contraires laissés par le roi Louis XIII, le siège fut mis, le 10 mai 1652, devant la ville, qui fut bientôt prise ; puis, quelque temps après, la garnison du château capitula.

Le cardinal Mazarin fit immédiatement démanteler la place. Le sieur Metezeau, fils de l'ingénieur qui construisit la digue de la Rochelle, fut celui que le cardinal envoya à Coucy pour consommer cette ?uvre de destruction.

Au moyen de la mine, il fit sauter la partie antérieure de la chemise, ainsi que les voûtes du donjon et la plupart de celles des autres tours, il incendia les bâtiments du château et le rendit inhabitable.

Depuis lors les gens de Coucy, jusqu'à ces derniers temps, ne cessèrent de prendre dans l'enceinte du château les pierres dont ils avaient besoin pour la construction de leurs maisons, et cette destruction prolongée compléta l??uvre de Mazarin.

Cependant, malgré ces causes de ruine, la masse du château de Coucy est encore debout et est restée une des plus imposantes merveilles de l'époque féodale. Si l'on eût laissé au temps seul la tâche de dégrader la résidence seigneuriale des sires de Coucy, nous verrions encore aujourd'hui ces énormes constructions dans toute leur splendeur primitive, car les matériaux, d'une excellente qualité, n'ont subi aucune altération ; les bâtisses étaient conçues de manière à durer éternellement, et les peintures intérieures, dans les endroits abrités, sont aussi fraîches que si elles venaient d'être faites.

Autant qu'on peut le reconnaître en examinant les substructions, le château de Coucy est traversé dans ses fondations par de nombreux et vastes souterrains, qui semblent avoir été systématiquement disposés pour établir des communications cachées entre tous les points de la défense intérieure et les dehors.

La tradition va même jusqu'à prétendre qu'un de ces souterrains, dont l'entrée se voit dans les grandes caves, sous les bâtiments d'habitation M, se dirigeait, à travers les coteaux et les vallées, jusqu'à l'abbaye de Prémontré. Nous sommes loin de garantir le fait, d'autant plus que des légendes semblables s'attachent aux ruines de tous les châteaux du moyen âge en France ; mais il est certain que, de tous côtés, dans les caves, on aperçoit des bouches de galeries voûtées qui sont aujourd'hui remplies de décombres. Nous donnons (fig. 3) le plan du premier étage du château de Coucy. On voit : en A, les logis placés au-dessus de la porte d'entrée ; en B, le donjon avec sa chemise ; en R, la chapelle orientée, conçue et exécutée avec une grandeur sans pareille, si l'on en juge par les fragments des meneaux des fenêtres qui jonchent le sol ; en D, la grand salle du tribunal, dite des Preux, parce qu'on voyait dans des niches les statues des neuf preux. Deux cheminées chauffaient cette salle, largement éclairée à son extrémité méridionale par une grande verrière ouverte dans le pignon.

Une charpente de bois avec berceau ogival lambrissé couvrait cette salle. En E, la salle des neuf Preuses, dont les figures étaient sculptées en ronde bosse sur le manteau de la cheminée. Du Cerceau nous a conservé une gravure de cette cheminée, qui se divisait en deux âtres séparés par un pilier, ainsi que l'indique le plan. Un boudoir F, pris aux dépens de l'épaisseur de la courtine, accompagnait la salle des Preuses. Cette pièce, éclairée par une grande et large fenêtre donnant sur la campagne du côté de Noyon, était certainement le lieu le plus agréable du château ; une petite cheminée la chauffait, et elle était voûtée avec élégance par des voûtes d'arête.

Ces dernières bâtisses datent de la fin du XVIe siècle ou du commencement du XVe. On voit parfaitement comment elles furent incrustées dans les anciennes constructions ; comment, pour les rendre plus habitables, on suréleva les courtines d'un étage : car, dans la construction primitive, ces courtines n'atteignaient certainement pas un niveau aussi élevé, laissaient aux cinq tours un commandement plus considérable, et les bâtiments d'habitation avaient une beaucoup moins grande importance. Du temps d'Enguerrand III, la véritable habitation du seigneur était le donjon ; mais quand les m?urs féodales, de rudes qu'elles étaient, devinrent au contraire, vers la fin du XVIe siècle, élégantes et raffinées, ce donjon dut paraître fort triste, sombre et incommode : le duc d'Orléans, devenu seigneur de Coucy, bâtit alors ces élégantes constructions ouvertes sur la campagne, et les fortifia suivant la méthode adoptée à cette époque.

Le donjon et sa chemise, les quatre tours d'angle, la partie inférieure des courtines, le rez-de-chaussée de la porte d'entrée et la chapelle ainsi que toute l'enceinte de la baille, appartiennent à la construction primitive du château de Coucy sous Enguerrand III. Ces quatre tours méritent que nous en disions quelques mots. Chaque chambre, à partir du rez-de-chaussée, se compose à l'intérieur de six pans avec niches, dont quelques-unes sont percées de meurtrières. Ces pièces sont voûtées, et les niches se chevauchent à chaque étage, les pleins étant au-dessus des vides, et vice versa ; ce qui était fait pour voir tous les points du dehors, et surtout pour éviter les lézardes verticales qui se produisent dans ces sortes de constructions, lorsque les vides sont tous au-dessus les uns des autres. Des cheminées sont pratiquées dans les salles, qui sont en outre accompagnées de latrines. On remarquera que les escaliers à vis ne montent pas de fond, mais s'interrompent à partir du premier étage pour reprendre de l'autre côté de l'entrée de la tour.

C'est là une disposition souvent adoptée dans les tours de cette époque, afin d'éviter les trahisons, et de forcer les personnes qui veulent monter sur les parapets de passer par l'une des salles. C'était un moyen de rendre la surveillance facile, et de reconnaître les gens de la garnison qui montaient aux chemins de ronde pour le service ; car les parapets des courtines n'étaient accessibles que par les tours, et les escaliers des tours desservaient par conséquent toutes les défenses supérieures. Nous avons figuré en G (fig. 3) le pont volant mettant en communication la grand salle D avec le chemin de ronde de la basse-cour du côté du sud. Si, par escalade, l'ennemi s'était emparé du chemin de ronde H de la chemise, il lui fallait forcer, soit la porte I, soit la porte K, pour pénétrer dans le château. Les postes établis en A ou en L le jetaient par-dessus les parapets dans le fossé de la chemise. Le poste A servait la terrasse crénelée M au-dessus de la porte, de même que le poste L servait le chemin de ronde N commandant le pont volant G. Quant à la garnison du donjon, du premier étage elle pénétrait sur le chemin de ronde de la courtine par un pont volant O, mais en passant par le corps de garde L. Avec des défenses aussi bien entendues, il n'y avait pas de surprises à craindre, pour peu que la garnison du château connût parfaitement ses nombreux détours, les ressources qu'ils présentaient, et qu'elle prit quelque soin de se garder.

Une vue cavalière restaurée, tracée du côté de la basse-cour (fig. 4), fera comprendre les dispositions intérieures et extérieures du château de Coucy.

Il faut reconnaître qu'un long séjour dans un château de cette importance devait être assez triste, surtout avant les modifications apportées au XVe siècle, modifications faites évidemment avec l'intention de rendre l'habitation de cette résidence moins fermée et plus commode. La cour, ombragée par cet énorme donjon, entourée de bâtiments élevés et d'un aspect sévère, devait paraître étroite et sombre, ainsi qu'on peut en juger par la vue présentée (fig. 5) Tout est colossal dans cette forteresse ; quoique exécutée avec grand soin, la construction a quelque chose de rude et de sauvage qui rapetisse l'homme de notre temps. Il semble que les habitants de cette demeure féodale devaient appartenir à une race de géants, car tout ce qui tient à l'usage habituel est à une échelle supérieure à celle admise aujourd'hui : les marches des escaliers (nous parlons des constructions du XIIIe siècle), les allèges des créneaux, les bancs, sont faits pour des hommes d'une taille au-dessus de l'ordinaire. Enguerrand III, seigneur puissant, de m'urs farouches, guerrier intrépide, avait-il voulu en imposer par cette apparence de force extra-humaine, ou avait-il composé sa garnison d'hommes d'élite ' C'est ce que nous ne saurions décider ; mais en construisant son château, il pensait certainement à le peupler de géants. Ce seigneur avait toujours avec lui cinquante chevaliers, ce qui donnait un chiffre de cinq cents hommes de guerre environ en temps ordinaire. Il ne fallait rien moins qu'une garnison aussi nombreuse pour garder le château et la basse-cour. Les caves et magasins immenses qui existent encore sous le rez-de-chaussée des bâtiments du château permettaient d'entasser des vivres pour plus d'une année, en supposant une garnison de mille hommes. Au XIIIe siècle, un seigneur féodal, possesseur d'une semblable forteresse et de richesses assez considérables pour s'entourer d'un pareil nombre de gens d'armes, et pour leur fournir des munitions et des vivres pendant un siège d'un an, pouvait défier toutes les armées de son siècle : or le sire de Coucy n'était pas le seul vassal du roi de France dont la puissance fût à redouter.

Les successeurs du redoutable Enguerrand III, véritable type du seigneur féodal, virent l'énorme puissance de leur aïeul décliner entre leurs mains. Son fils Raoul II périt en Égypte, à la bataille de Mansourah. Enguerrand VII, qui devint seigneur de Coucy en 1344, fut envoyé en Angleterre comme otage de la rançon du roi Jean, et à son retour se vit contraint d'accorder à vingt-deux des bourgs et villages qui relevaient de son château une charte collective d'affranchissement. Il mourut en 1396, en Bithynie. Ce fut le dernier seigneur de la famille de Coucy. En 1400, Louis d'Orléans acquit ce beau domaine moyennant quatre cent mille livres tournois. La terre fut érigée en pairie pour lui, par le roi Charles VI, en 1404. Louis d'Orléans, qui fit bâtir le château de Pierrefonds, possédait ainsi entre Paris et la Flandre deux places d'une grande importance. Ce fut lui qui, en l'espace de deux ou trois ans, fit reconstruire en grande partie les bâtiments d'habitation du château de Coucy, les grandes salles des Preux et des Preuses, et qui fit surélever les anciennes courtines du temps d'Enguerrand III. D'après leur caractère archéologique, ces constructions doivent appartenir à l'époque de l'acquisition du domaine de Coucy par ce prince, c'est-à-dire aux premières années du XVe siècle. Il ne paraît guère probable qu'Enguerrand VII, trouvant son domaine dévasté et ses revenus considérablement diminués à son retour d'Angleterre, ait pu entreprendre des travaux aussi importants et aussi dispendieux ; tandis qu'au contraire Louis d'Orléans, prince fort riche et grand amateur des belles résidences, devait naturellement, en faisant l'acquisition du château de Coucy, vouloir donner à ce domaine une nouvelle splendeur.

Louis II, duc d'Orléans, en montant sur le trône en 1498 sous le nom de Louis XII, réunit la terre de Coucy au domaine royal ; elle devint l'apanage de sa fille Claude de France, qui épousa François, duc d'Angoulême, lequel à son tour devint roi de France sous le nom de François 1er. Coucy rentra une seconde fois ainsi dans le domaine royal. François 1er fit faire quelques travaux dans les bâtiments qui surmontaient la porte d'entrée du château ; il n'en reste aucune trace. Depuis, Coucy devint l'apanage des ducs d'Orléans : le frère de Louis XIV était sire de Coucy, et son dernier seigneur fut Louis-Philippe d'Orléans, dit Égalité.

Aujourd'hui le château de Coucy, avec le petit bois qui l'entoure, fait partie du domaine de l'État. Depuis 1856, des travaux de consolidation et de déblaiement y ont été entrepris sous la direction de la Commission des monuments historiques. Ces travaux devenaient urgents ; car le grand donjon, lézardé par les explosions des mines de Metezeau, abandonné depuis lors à toutes les intempéries, menaçait de s'écrouler en grande partie. Le gouvernement n'a pas voulu qu'une aussi belle ruine, qui rappelle de si grands souvenirs et dont l'aspect est encore si imposant, ne fût pas conservée. Des crédits assez importants ont été accordés pour reprendre les lézardes principales du donjon, pour le chaîner provisoirement au moyen de deux cercles de fer et pour le couvrir. Les fouilles entreprises ont déjà fait retrouver des débris intéressants : le fond dallé du fossé du donjon, la petite poterne inférieure et les soubassements intérieurs des grandes salles des Preux et des Preuses. Les habitants de Coucy ne peuvent plus venir arracher les pierres du château, dont les ruines sont surveillées par un gardien demeurant dans son enceinte.

La vue dont on jouit au sommet du donjon est des plus magnifiques : on découvre la campagne depuis les plateaux boisés qui dominent la ville de Laon jusqu'à la forêt de l'Aigue, jusqu'à Noyon et Chauny.

Source : Eugène Viollet-le-Duc Description du château de Coucy.

Ruines du château de Coucy à Coucy le chateau auffriqu
(Ruines du château de Coucy, coucy le chateau auffrique)

 

Ruines du château de Coucy, Dès le commencement du Xe siècle, il existait déjà sur l'emplacement actuel du château de Coucy une forteresse bâtie par un archevêque de Reims. Ce territoire appartenait au siége de Reims depuis saint Rémi, à qui il aurait été donné par Clovis. coucy le chateau auffrique, aisne

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